Coup dur pour la lutte sénégalaise. La violence du foot a terrassé la lutte. Car rien n’est sûr que les combats de cette fin de saison auront bien lieu. Si ce constat va jusqu’au 15 août l’arène va vivre une situation jamais vécue par le passé. C’est-à-dire assister à une saison sans combat de ténors.

1 commentaire

  1. Plus jamais ça …

    Désolé, vraiment désolé d’apprendre ce qui s’est passé à Demba Diop. Désolé pour les familles des personnes décédées et blessées. Désolé pour le sport sénégalais qui n’a pas besoin de ça pour essayer de s’affirmer sur le plan national, continental ou mondial. Désolé pour le peuple sénégalais et l’image que véhicule une telle tragédie.
    Car il s’agit bien, ici ou ailleurs, d’un problème de société lorsque la violence s’exprime « bêtement » à l’occasion d’une simple activité de loisir qui devrait se dérouler sur le pôle du plaisir. Plaisir de voir un match, de supporter son équipe, de la féliciter dans la victoire, de la soutenir dans la défaite.
    Mais voilà, l’homme est un animal, intelligent sans doute, mais il reste au fond de sa dimension biologique un animal. Et si l’éducation n’a pas fait son travail, si la société ne prend pas en compte les frustrations et/ ou le rejet de certains, ces derniers peuvent confondre dans le domaine de l’agressivité celle qui est positive (que l’on nomme la combativité), et celle qui est négative (synonyme de violence). De multiples travaux de recherche ont été faits à propos de ce thème récurrent que représente la violence dans les stades ; des tas de propositions, de solutions ont été avancées. Mais ce qui est certain c’est qu’il sera toujours difficile de rentrer dans le psychisme des individus violents et de pouvoir anticiper, le jour J, ce genre d’actes destructeurs. Par contre éduquer, faire comprendre, retisser le lien social s’avèrent incontournables si l’on veut éviter que de tels drames se répètent. Par expérience, nous savons que la pratique des activités sportives dans le cadre scolaire ou en club éduque les jeunes, permet une réelle maîtrise de son agressivité tout en respectant l’autre, adversaire ou partenaire. Une des chances du Sénégal est l’engouement culturel qu’il y a autour de la Lutte. Le Sénégal est un pays de Lutte et à ce titre chaque jeune devrait normalement, dans le cadre scolaire ou associatif, pratiquer ce sport traditionnel où le contrôle de soi et le respect de l’autre sont primordiaux. Pratiquer amicalement la lutte au cours de sa jeunesse, c’est quelque part se construire socialement. Par contre, quand on insulte, qu’on jette des cailloux sur une personne, c’est laisser place à l’animalité parce que, probablement, le milieu éducatif (familial, scolaire, associatif) n’a pas fait son boulot. Alors, certains diront que le travail à faire est immense, que la violence est partout et que la répression est nécessaire. Or, en voulant régler le problème d’une manière uniquement répressive, cela complique parfois les choses et les frustrations sont plus que jamais enfouies dans l’inconscient de ces individus. Le Sénégal est un pays de Lutte et c’est pour cela que tout doit être fait pour qu’elle soit au service de la société. Le CNG fait déjà beaucoup et ne peut pas tout faire. Dans les années 90, grâce aux travaux de la CONFEJES, était publié le Manuel de Lutte Africaine avec, dans le tome 2, l’approche pédagogique permettant d’enseigner cette discipline. Une surface de sable délimitée suffit à faire vivre l’activité auprès des jeunes. Le pari étant qu’une fois passé par cet enseignement, ils se connaîtront mieux, connaîtront mieux les camarades et maîtriseront, tout au long de leur vie, leurs pulsions agressives, en devenant pourquoi pas footballeurs, supporters ou simple spectateurs.
    Un super pari pour un grand pays de Lutte …

    Frédéric Rubio

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