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Byblos Kronic : Le C&G et la gestion de la lutte


Byblos Kronic : Le C&G et la gestion de la lutte
A Ndumbelaan, la lutte est plus qu’un sport. Depuis que kuus-le-lutin a malmené le danseur, lui laissant en héritage le corps-à-corps, cette pratique occupe tous les paresseux, oisifs mais aussi et heureusement des travailleurs. Qui n’avait pas joué au lambi golo dans la cour de l’école ? Qui n’avait jamais essayé de venir à bout d’un camarade par une prise de lutte ? Chacun y avait joué, dans son enfance, s’exerçant à la pratique de mbot-le-hancher ou de galgal-le-croc-en-jambe. Lamb offrait un beau e spectacle mais pas assez attractif pour Ndumbelaan. Ce pays de paix et de dialogue aimait bien le sang et la violence. N’avait-il pas pour héros national un guerrier ceedo ?. Ne sublimait-il pas Yasin l’égorgée, ou les immolées de Ndeer ? Lamb ne saignait pas assez, alors on invita kurfeegn  le coup de poing. Il vint avec ses cousins, probablement des peaux-rouges (lèvre-fendue, arcade-ouverte, visage-ensanglanté, chute-libre) et améliora spectaculairement le spectacle.
 
Ndumbelaan se régalait et les lutteurs amassaient de jolis cachets. Walay un million est une belle somme. Du temps de Ndiol Juuf, en tout cas c’était un vrai pactole; surtout que mbër le lutteur avait un autre métier. Ambou roulait des cigarettes, Ngama Niar était également poulet, etc. Tout allait donc bien … enfin jusqu’à ce que Ablaay Traworé l’éléphant marque contre Baay Seex et élimine Cerno Yum et Bocandé. Le sport devint moribond et entre 86 et 88, le bilan fut famélique : 4 combats. On palabra chez les jaraaf, chez les  lamaan, chez les cubaldo, dans le Bluf et dans le Kuunda. On palabra aussi dans les étages et finalement, tout cela accoucha d’un bébé qu’on baptisa C&G. Il y eut ngënte le baptême, et le parrain fut l’émérite mais inconnu Peer Liiw. Son cv était éloquent : né dans le siin, il avait bu l’eau douce de Yafaroog, gardé le bétail, cultivé le mil, compté les cacahuètes et écrit à la plume avant de soigner les malades, comme lamb la lutte.
 
Peer Liiw avait, pour son patient du sirop d’Harpagon, des piqûres de Gandhi et quelques cachets de Ponce Pilate. Son sirop était servi à forte dose de naay la radinerie. Il inventa les licences, payantes, bien sûr, pour les lutteurs, pour les promoteurs, pour les managers. Il essaya même pour les natali taay, mais le ministre dit niet. Il créa aussi les droits d’organisation, de l’arène Adrien au terrain gaalgui en passant par le coin de fofunonu, il fallait casquer peu ou prou 50000 francs dévalués pour faire son mbapat. N’oublions pas l’amende sur le reliquat ! C’était ingénieux, Peer ne parlait pas de montant, mais de valeur et les goorgorlu de débrouillards ne pigeaient jamais que les millions s’envolaient vers ses caisses. On trouvait cela bien du reste. Niaw !
 
Le C&G était riche, et avait des partenaires. Les promoteurs étaient les premiers arrivés. Ils allaient chercher xalis l’argent, monter les affiches et organiser les combats. Peer Liiw n’avait plus qu’à compter les accompagnateurs, les minutes, à scruter les sorties et à ponctionner le reliquat. Pourquoi se brûler la main lorsqu’on a une cuiller, les promoteurs radotaient se plaignaient mais organisaient encore et encore. Le plus grand partenaire était un lutteur. Domu Ndanngaan qu’il s’appelle. Pardi, il avait tout professionnalisé, impeccable ! Les cachets donnaient le tournis, même Peer Liiw ne comprenait pas l’algorithme qu’utilisait le gars pour multiplier à cette vitesse. 1, 3, 5, 7, 15, 30, 50. Il trouvait qu’il y avait du Einstein chez ce salum-salumo-pikino-fassois et trouvait cela génial. Ah si, plus il multipliait, plus la retenue avait de la valeur.
 
Quand on râlait, Peer devenait Ghandi, tendait l’autre joue. Toujours poli, toujours calme, mais toujours ferme enfin parfois il dégageait en touche. Il faut plafonner les cachets des lutteurs car leur inflation va tuer la lutte. Peer s’en lava les mains. Il faut trouver un roi aux arènes car c’est devenu du n’importe quoi. Peer s’en lava les mains. Il faut créer une fédération après quinze années de gestion provisoire. Liiw s’en lava les mains. Il faut aider les anciennes gloires à devenir des arbitres. Ponce Pilate passa, chevauchant  une monture ailée ! Bref Peer avait trouvé le moyen d’empocher beaucoup d’argent, d’en dépenser que dalle et uniquement pour l’équipe nationale et les salaires de son équipe de choc. Ah j’oubliais qu’il s’était entouré de noms, de têtes (Ex Prési, Toujours Roi, Pulo Ardo) et de la langue acérée de Peul bu Sew, capable d’expliquer la sanction la plus cruelle.
 
Il avait aussi trouver le moyen d’éloigner de lui ses ennemis. D’abord les lutteurs, ces gros paresseux qui dorment le jour, s’entraînent peu le soir, en attendant les plats servis par tata diw et tonton son mari qu’on salue à chaque fois qu’un micro passe sous le nez. Ensuite ces truands de pseudo-anciennes gloires. Ndumbelaan n’avait aucune médaille olympique, aucun titre de champion du monde et pourtant il y avait cent cinquante deux anciennes gloires. Non mais allô quoi, t’as pas de médaille et t’es ancienne gloire ! Enfin il tenait à distance les promoteurs, les netali demb et surtout eux. Ouh là là ceux-là avec leurs copains fatali taay, c’est toujours je t’aime moi non plus. Vite du Ghandi !
 
La plus grande prouesse de Peer Liiw était de tenir à distance les autres-là. Ceux-là même qu’il hésitait à nommer, avec leurs bouteilles, leurs peaux de hyène, leurs cornes de gazelles, leurs os humains, si si c’est vrai. Il s’en méfiait lui et c’est d’ailleurs pour cela qu’il tendait l’autre joue et distribuait abondamment les cachets de Ponce. On lui suggérait d’organiser un championnat. Il savait bien que c’est possible, il avait même une formule, mais il n’était pas dupe. Il savait que le jour où il ferait l’annonce, il aurait intérêt à surveiller tous les cimetières de Ndumbelaan. Toutes les tombes seraient profanées, pour trouver l’os le plus long afin de le réduire au silence. Il avait beau se baigner dans l’eau salée sous la protection de Maam Mindiss, il n’avait pas oublié les vérités de buki l’hyène : quand tout le monde te crache dessus, tu es toooy. Pas seulement.
 
En attendant, Peer avait compris qu’il partirait bientôt donc il laissait courir. La lutte rampait doucement vers la situation d’avant son arrivée. Des cachets difficilement pris en charge par les promoteurs, dont deux ont déjà connu la prison, des combats de moins en moins nombreux alors que le nombre de licenciés progresse de façon exponentielle. Une lassitude des autorités et des sponsors, l’intrusion du dopage, l’explosion de la violence, la politisation à outrance, l’inorganisation, la tyrannie du surnaturel, l’indiscipline à la fois des lutteurs et de leurs encadrements, de la presse et des communicateurs traditionnels, etc. Peer avait tout lu Birago Diop : les jeunes de Lamène avait ramené la bête, il fallait la tuer, partager la viande et laisser chacun emporter son os. Mor attendait sa part, Moussa attendait Mor, lui ne serait pas Awa, jamais !


1.Posté par Katy le 06/07/2014 17:59
J'ai adoré. Mais au-delà des mots, des images et des légendes, il est essentiel d'écrire qu'un CNG, au XXI° siècle, n'a plus sa raison d'être. Ou alors, c'est que nous somme toujours des " arriérés " de la gestion sportive. Qu'au sein d'une future fédération, il y ait trois commissions indissociables et complémentaires: lutte simple, lutte avec frappe, lutte olympique, cela s'entend. Mais à aucun moment, une de trois commissions doit prévaloir sur les autres. La lutte simple appartient à notre patrimoine culturel. Elle est le creuset d'où émergeront nos champions nationaux et internationaux: nationaux en direction de la lutte avec frappe, internationaux en direction de la lutte olympique. Or, c'est loin d'être le cas. Une absence totale de clarté dans le domaine de la lutte avec frappe. Une absence de résultats de haut niveau en lutte olympique (alors que nous avons un centre Fila à Thies). Une absence de valorisation de la lutte simple en relation avec les deux autres formes de lutte (olympique en particulier). Alors, allons rester à l'âge où les "Djins" menaient encore la barque ... ou bien allons nous rentrer dans le 3° millénaire ?

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