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Byblos Kronic : Rêve de lutteur


Byblos Kronic : Rêve de lutteur

En ces temps de vacances, Ndumbelaan avait peu de lamb à se mettre sous la dent. Il ne restait à Yambar que la philosophie, l’autre spécialité locale, comme occupation. Comme les trois quarts de la population, il ne spéculait ni sur la couleur des étoiles, ni sur l’avenir de l’humanité. Hegel, Marx, Descartes ne lui disaient rien et de toute façon n’arrivaient pas à la cheville de Kooc Barma, dont la science n’avait pas été acquise dans une faculté. Oui Kooc était un self made penseur qui aimait la lutte certainement. M’enfin bref, Yambar dormait aussi, il dormait beaucoup, la faute aux entraînements intensifs car il préparait son combat contre Rombal. Ses sommeils étaient profonds, de vrais repos parsemés de rêves et justement son dernier le turlupinait.
 
Il raconta à Mbokam sa mère que dans son rêve, il y’avait un pont en bois. Autour de ce pont, il y avait un éléphant, une girafe, une hyène, une chèvre, un singe, des écureuils et un scorpion. Ce curieux cortège faisait un raffut d’enfer en marchant sur le pont et chacun regardait son voisin en disant « nous faisons du bruit ». A la sortie du pont, il y avait une vaste étendue désertique. La gent animale ne se disloqua point, elle marcha encore et encore, si longtemps que la fatigue l’envahit.  L’éléphant avait disparu, les autres animaux faisaient du n’importe quoi : l’écureuil défiait le lapin qui à son tour s’attaquait au singe, ce dernier provoquait la girafe qui avec ses cornes menues tentait de tuer la hyène, etc. Seul le scorpion marchait, sans se plaindre bien que distancé par la meute il avançait mais le sable chaud brûlait son ventre.
 
Mbokam regarda son fils, préoccupée par son air sérieux. Elle décida de perdre quelques minutes à lui expliquer ce rêve. Fils dit-elle la meute, ce sont les lutteurs.
·        Tu y trouves l’éléphant, sans fioriture et il convient de redouter sa colère.
 
·        La girafe au long coup, belle à voir est peu dangereuse. Elle peut certes faire mal, mais seulement aux animaux plus faibles ou à ses semblables.
 
·        La hyène a la mâchoire féroce. Si elle n'est pas de taille, elle ruse, manigance mais quand elle tient une opportunité elle ne se loupe jamais.
 
·        La chèvre est craintive, mais sait survivre. Elle saute, court, monte un peu et surtout a une grande gueule pour annoncer qu’on la touche.
 
·        Le singe est rusé, agile, imprévisible, difficile à terrasser, toujours à faire des acrobaties avec le verbe ou avec son corps.
 
·        Les écureuils sont plus nombreux et ne pensent qu'à monter, sauf qu’ils redescendent aussitôt parce qu’incapables de rester en haut. 
 
·        Le scorpion est dangereux, enfin si on lui marche dessus sans le tuer, là son dard est une arme redoutable.
 
·        Le pont c’est l’arène ndumbelaanwase. Chacun croit que son poids le secoue, mais tu sais bien qu’un écureuil voire une hyène n’y arrivera jamais. Le seul à secouer le pont c’est l’éléphant à qui sa force et sa carrière remplie évitent de traîner dans le désert de l'insuccès.
 
·        Ce désert c’est leur carrière et pour arriver à la hauteur de l’éléphant, les autres ne savent même plus qui est leur égal, où est le danger car t’imagines bien que si la girafe baisse sa tête pour blesser la hyène, elle n’y survivra point.
·        Les écureuils, les chèvres, tous croient pouvoir dominer l’éléphant et font la course pour le croiser. Ils sont comme toi le pauvre scorpion.
 
Au lieu de t’en prendre au petit écureuil qui est loin d’être ton égal, tu vises l’éléphant. Tu mourras dans le désert, de faim, de soif, de fatigue, brûlé par le sable chaud mais jamais tu n’affronteras Rombal. Yambar n’écouta pas la suite.
 



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