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INTERDICTION DE S’ENTRAÎNER DANS LES ÉCOLES Lutteurs et staffs désorientés

Expulsées par circulaire préfectorale des établissements scolaires qu’elles avaient transformés en lieux d’exercices, les écuries et les écoles de lutte se cherchent de nouveaux points de chute. Mais la quête n’est pas facile. Ceux qui ont trouvé sont tout déroutés.


INTERDICTION DE S’ENTRAÎNER DANS LES ÉCOLES  Lutteurs et staffs désorientés

ÉCOLE DE LUTTE NDAKARU

Dans l’attente de la mesure d’expulsion

Pour la saison de lutte qui s’annonce, Yékini et ses poulains ne savent guère encore où ils vont poser leurs baluchons pour les entraînements, notamment pour les séances de contacts. Les responsables de l’école de lutte Ndakaru disent n’avoir pas encore reçu notification de la circulaire du préfet intimant l’ordre aux lutteurs de ne plus s’entraîner dans la cour des écoles. Mais ils n’ignorent rien de la mesure.

Habitué à squatter l’école Mamour Diakhaté de la Médina depuis 2003, Sourou Fall, un des managers de l’école de lutte, vit un sérieux dilemme : « Les lutteurs viennent toujours pour les séances d’entraînement et le directeur ne nous a encore rien dit à propos de cette circulaire préfectorale ». Quant à savoir où aller demain, c’est le gros point d’interrogation. « Pour l’heure, nous n’avons pas encore décidé de notre point de chute, mais ce sera difficile d’en trouver, car il n’y a plus d’espace pour s’entraîner », se désole Sorou Fall.

Dans cette école du complexe scolaire de la Médina, Ndakaru a pris ses aises depuis qu’elle a quitté le stade Assane Diouf, il y a de cela neuf ans. L’utilisation des lieux s’est faite sans bourse déliée, sans participer à l’amélioration ou à l’entretien de l’environnement de l’école. L’appui qu’évoque Sorou Fall en direction de l’école pourrait faire sourire. Il admet « jusque-là, nous n’avons pas une seule fois acheté de table-banc ou construit de salle de classe, mais à chaque fois que l’école organise une fête, certains lutteurs se portent volontaires pour filtrer les entrées. De plus, après chaque séance d’entraînement, ils ramassent les ordures pour les incinérer ».

 

 

ÉCURIE FASS

Retour à la maison

À l’école Ahmadou Bamba Mbakhane 3 (ex-Manguiers) plus trace des Ouza Sow, Gris Bordeaux et autres. Les poulains de Moustapha Guèye ont dénoué leur nguimb depuis une semaine. « La directrice de l’école nous a montré la note circulaire, nous avons alors décidé de partir. Les responsables de l’écurie Fass ont décidé de retourner à la ‟maisonˮ à Fass. Nous sommes en train de négocier un espace dans le quartier. Si tout va bien, l’écurie va s’entraîner en ces lieux bientôt. Ce sera un retour à la source puisque le terrain se situe à Fass », explique Seck, le préparateur physique de l’écurie.

Les Fassois avaient pris leurs aises à l’école Ahmadou Bamba Mbakhane 3 de la Zone B depuis deux ans. Quitter les lieux en a abattu plus d’un lutteur. Ils y avaient leurs habitudes, avec des souvenirs de peines et de joies, mais pour Seck, l’impact est juste émotionnel. « Les lutteurs ne seront pas perturbés », assure-t-il. Pour l’heure, les uns et les autres s’entraînent en solo. « Nous n’avons pas encore commencé les contacts. Par exemple, Lac Rose travaille avec moi la musculation et le footing en attendant que l’espace trouvé pour l’écurie soit aménagé ».

 

 

ÉCURIE MBOUR

La plage, toujours la plage

La décision préfectorale qui bouleverse les lutteurs et les responsables d’écurie n’affecte en rien les lutteurs mbourois. S’entraîner dans une école n’était pas dans leurs habitudes. Comme au bon vieux temps, Bombardier et ses poulains avaient pour terrain d’entraînement la plage. «Nous habitons en bordure de mer. Plages privées ou plages publiques, nous avons plein d’espace pour nos entraînements », assure Bombardier.

 

ÉCURIE ROCK ÉNERGIE

Repli sur le bord de mer

Rock Énergie n’a pas attendu pour se chercher un point de chute, après que la fréquentation de l’école 16  a été interdite aux lutteurs. Modou Lô et les siens se sont dirigés depuis un mois vers la plage des Parcelles-Assainies. C’est là que les entraînements se déroulent désormais.

Une situation qui heurte l’entraîneur Pape Mbaye : « C’est désolant. Nous avons choisi la plage des Parcelles-Assainies, mais c’est difficile d’y travailler. Les conditions ne sont pas les mêmes qu’à l’école. La concentration fait défaut. Il faut gérer les supporters, en plus des conditions climatiques. Il y a souvent trop de vent alors qu’un athlète a besoin d’un endroit fermé pour avoir de la chaleur et suer. Les muscles ne peuvent pas répondre si le temps est glacial », déplore-t-il.

La plage des Parcelles pourrait cependant n’être qu’une étape. « Nous sommes en train de voir avec les responsables de l’écurie pour trouver un meilleur espace. C’est presqu’acquis. Il reste à régler quelques détails », confie Pape Mbaye.

Modou Lô et les siens avaient pris leurs quartiers à l’école 16 des Parcelles-Assainies il y a deux ans de cela. « J’avoue que nous n’avons pas encore mis la main à la poche pour venir en aide à cette école, mais nous avions déjà tracé un projet pour le soumettre à la direction de l’établissement. Hélas, cela n’a pas abouti à cause de cette circulaire du préfet », affirme Pape Mbaye.

 

BALLA GAYE ET BIRAHIM NDIAYE

Deux rebellesˮ défient le préfet

Certains responsables d’écurie ou d’école de lutte ont décidé de plier bagages, mais la résistance s’organise face à la décision du préfet d’interdire aux lutteurs de s’entraîner dans les cours des établissements scolaires. Parmi ces ‟rebellesˮ figurent Birahim Ndiaye et Balla Gaye qui ont décidé de ne pas bouger d’un pouce avec leurs poulains.

Birahim Ndiaye déclare, le ton sec, qu’il ne partira qu’à une condition : « Je ne refuse pas de quitter, mais il faudra que les footballeurs avec qui nous partageons la cour de l’École 14 des Parcelles-Assainies soient aussi chassés. Si le préfet chasse les footballeurs, l’écurie Sakku Xam Xam va trouver un autre lieu d’entraînement. Mais pour le moment, j’y reste avec mes poulains », clame-t-il. Pour Birahim Ndiaye, son école de lutte n’a pas fait preuve d’ingratitude à l’endroit de ceux qui lui ont ouvert les portes de leur établissement.

Selon lui, « l’écurie n’a pas de ténors qui gagnent des centaines de millions, mais avec le peu que les lutteurs et moi-même gagnons, nous réfectionnons souvent les portes et les robinets des toilettes, nous désherbons, etc. J’ai acheté la porte d’entrée de l’école pour un montant de 80.000 FCFA. Il faut que les autorités soient raisonnables sur cette décision », conclut le patron de l’écurie Sakku Xam Xam.

Balla Gaye émet sur la même longueur d’onde : « Nous sommes établis à Guédiawaye. Cette décision vient du préfet de Dakar et non de celui de notre zone. Nous sommes à l’École 16 depuis une dizaine d’années. On ne peut pas, du jour au lendemain, sur un coup de tête, sortir les lutteurs des écoles sans leur proposer des lieux d’entraînement. Pour ce qui concerne l’école que je dirige, nous sommes toujours à l’École 16 tous les après-midi à partir de 18 h ».

 

 

MME NDIAYE, SECRETAIRE DU PREFET DE DAKAR

« Seules les écoles du département de Dakar sont  concernées »

La décision du préfet d’interdire aux lutteurs de s’entraîner dans les écoles ne concerne que le département de Dakar. Guédiawaye, Pikine et Rufisque sont couverts par la Gouvernance. Donc, ils ne sont pas concernés par cette décision. Mais les Parcelles-Assainies sont dans la région de Dakar, idem pour Gueule-Tapée ou Fass.

Mais en dehors de Guédiawaye, Pikine et Rufisque, toutes les écoles du département de Dakar sont concernées par cette décision.

 

BOY BAMBARA

« Cette mesure va tuer la lutte »

« C’est hier (jeudi) que le responsable du Cours Saint-Pierre m’a signifié la décision du préfet de Dakar d’interdire aux écuries et écoles de lutte de s’entraîner dans les établissements scolaires. Ce qui est un précédent grave pour la lutte. On n’a pas exclu des écoles le football, le basket ou la boxe, et j’en passe. Cela montre qu’on est les parents pauvres du sport. Dire que la lutte détourne les jeunes de leurs études ne tient pas. En Bulgarie, en Turquie, en Russie, en France, etc., il existe des salles de lutte dans les établissements scolaires.

En tant que moniteur de lutte libre et lutte simple, je puis vous dire que la lutte va mourir si on applique cet arrêté. Le taux de licenciés va considérablement baisser, car il n’y a plus d’espace dans Dakar. Aussi, les plages ne sont pas nombreuses à Dakar. Je suis en train de voir si on peut délocaliser nos entraînements sur l’ancien site de Massalikul Djinan. Il est impensable d’aller à la plage. Et ce n’est pas tout le monde qui peut aller là-bas.

Avec la dimension prise par la lutte, les lutteurs ont besoin d’un lieu sûr pour s’entraîner dans la sérénité. C’est différent de notre époque où c’étaient les mbappat qui nous servaient d’entraînement. On n’allait à la plage que pour parfaire notre condition physique. À l’époque, il n’y avait pas une grande affluence sur les plages. Les anciens que nous sommes et les lutteurs en activité doivent se mobiliser pour trouver un arrangement à ce problème. Si on rencontre les autorités, entre responsables, une solution sera trouvée. Dans ce combat, le concours du CNG nous sera bénéfique ».  

Ndèye Coumba FALL

Source : WalfSports n°2058 du 17 novembre 2012 



1.Posté par morfa le 01/01/2013 15:33
le gouvernement manque de lucidité

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18/04/2015


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