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Pourquoi les amateurs de lutte ne viennent plus au stade ? Réponse des promoteurs.


Pourquoi les amateurs de lutte ne viennent plus au stade ? Réponse des promoteurs.

Gaston MBENGUE: "Si la structure Gaston Production n'organise pas, je peux vous dire qu'il n'y a pas de lutte.(...) Lorsque je vais organiser le 11 décembre prochain, les gens vont se déplacer parce qu'ils vont suivre des combats de lutte suivis d'un concert...."

Serigne Modou NIANG : "Ce sont les plutôt les fans-clubs qui se déplacent pour suivre leur lutteur, et non les combats. Les amateurs  préfèrent rester chez eux pour suivre les combats.(...). Il faut tirer la sonnette d'alarme, parce qu'il y a bon nombre de promoteurs qui organisent, rien que pour organiser et à la fin ils perdent beaucoup d'argent".

Birame GNINGUE : "La cause principale est la violence et les directs des télévisions. (...) Je préfère suivre les combats à la télévision que de se déplacer à cause des violences."

Pape Abdou FALL : "Les fans clubs ont investi les stades et y ont introduit la violence. Pourtant avant les amateurs aimaient bien s'habiller, remplir leurs poches de billets de banque, garer leurs voitures pour suivre les combats. Maintenant, ce n'est plus le cas, puisqu'à la fin des combats, les vitres de leurs voitures sont brisées, ils sont agressés, reçoivent des pierres de gauche à droite.(...) Les télés aussi ont une très grande responsabilité. Ils (...) diffusent pas mal de combats en direct. (...) La télé a déjà tué la lutte, il faut oser le dire".

Arenebi : Dire que le direct tue la lutte est un raccourci et nous savons tous qu’il y a un malaise plus profond. Prenons l'exemple du foot, dans les grands championnats. Tous les matchs sont en direct et les stades sont pleins aussi.  Ce ne sont certes pas les mêmes réalités, mais la médiatisation contribue toujours à drainer plus de monde. Le problème de la lutte n'est pas vraiment le direct mais plutôt les conditions dans lesquelles les combats se déroulent :
-Sonorisation : Il y a toujours mille et une choses qui se passent au même moment, donc les gens présents au stade ne savent pas parfois où donner de la tête avec tout le bruit ambiant. Au même moment on peut avoir des chants de fans clubs, des présentations de lutteurs au micro centrale, et des tambours et voix qui résonnent à côté.

- Désordre : on a l'impression que n'importe qui peut traîner n'importe où dans l'arène, et dès qu'il y a une chute c'est la pagaille surtout du côté des vainqueurs;
- Règlements et plannings confus pour les "Touss" : Pendant les "Touss" (danse des lutteurs) il y a souvent des combats au même moment, cela pose un vrai problème de timing;
- La violence pendant et après les combats : ces 2 dernières semaines, Bécaye Mbaye est même allé jusqu'à suggérer que les combats à Yoff soient bannis à cause de la violence.

Si les combats étaient diffusés en différés, il y aurait beaucoup moins d'engouement populaire, car regarder un combat en connaissant déjà le résultat a beaucoup moins d'intérêt que d'être tenu en haleine pendant les directs en imaginant que tout est possible.

Ce serait aussi très prématuré d'émettre un jugement sur la fréquentation en ce début de saison, car on sort des fêtes de Korité, de la rentrée scolaire, de la Tabaski, et après à peine 2 mois de reprise, il n'y a pas encore de grands combats.

Bien au contraire le direct a beaucoup apporté à la lutte, et la lutte ne survivra pas sans direct. Et vouloir passer la lutte en différé va faire fuir les sponsors car ce qui les intéresse c'est d'être vus par des millions de téléspectateurs.

Malheureusement pour nos promoteurs, il faudra plutôt chercher les raisons de cette absence des stades dans la manière dont ils organisent les combats au stade, la télé est un mauvais bouc émissaire pour cette fois-ci.




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