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Byblos Kronic : Yambar, nouveau phénomène de la lutte


Rédigé le Vendredi 11 Juillet 2014 à 22:27 | Lu 943 commentaire(s)



Byblos Kronic : Yambar, nouveau phénomène de la lutte
Comme tout bon ndumbelaanwa depuis que Doomu Ndangaan avait breveté son algorithme multiplicateur, Yambar pensait qu’il avait une chance de vivre de la lutte. Il ne serait pas fatali dëmb car issu d’une lignée qui n’avait eu rien à voir avec le tam-tam, le marteau ou la hache. Il ne serait pas natali taay non plus, n'ayant aucune ambition de récolter un salaire insuffisant et difficilement acquis, notamment en flattant des mbër et promoteurs. Il pensait ouvrir son école de lutte et former des lutteurs, non pas aux techniques lambistiques de mbot et galgal, mais à la dimension intellectuelle. Cela était plus difficile que d'aligner les pompes, flexions et autres abdominaux surtout pour lui qui n’avait qu'un diplôme de lecture des posts d'arenebi-forumeurs et de Byblos conneries. Il n’avait ni la technique de Saamay, ni les biceps de Rombal et, pire, son père l’avait baptisé avec un salaire de fonctionnaire. Il serait néanmoins lutteur car il avait une stratégie révolutionnaire.
 
Premièrement, il s’inventa une histoire. Un père qui n’était pas lutteur ne servait à rien, autant dire qu’il était tombé malade pendant sa jeunesse ou ne travaillait pas. Ndumbelaan ne condamnait pas les fainéants, par contre il sublimait les femmes qui font bouillir la marmite. Donc il trouva une mère, vendeuse des poissons et de cacahuètes, une pileuse de mil. Il lui trouva un ascendant grand homme, féticheur ou marabout. ll verra plus tard, en tout cas son grand-père guérissait des malades, faisait tomber la pluie, tuait le lion d’un regard et hypnotisait le serpent le plus dangereux de la terre. Du coup, son père fut réhabilité en refusant la charge païenne. Yambar lui créa une période éphémère de lutte, quelques trophées qu'on ne pouvait vérifier puisque glanés au Burkina et au Mali avant sa maladie. Lui-même était irréprochable : la maladie de son père l’avait obligé à quitter l’école, il aidait sa vertueuse maman pour la comptabilité des recettes, il cherchait l’eau à la borne fontaine et même faisait la vaisselle. Il renonça à dire qu’il avait mémorisé le coran à six ans, mais n'en inventa pas moins une allégeance à un homme qui avait beaucoup de disciples, même au-delà des frontières de son pays.
 
Deuxièmement, il trouva un nom de scène. Le nom est important, si tu t’appelles Jason, Dimitri ou Agnikumara tu es mort avant même ta conférence de paresse. Qui parlera de toi ? Hein, il faut saluer l’histoire du pays, en évitant la politique, en respectant les religions, en faisant plaisir aux promoteurs qui organisent les combats, avec une originalité pour que des ndumbelanwa s’y identifient … LatJoor, Gorgi, Suku Ziz, Boyu Gas, Bantamba, Barzak, … Yambar n’aimait pas trop réfléchir car de nombreux verres de thé et même quelques litres de sum-sum avaient lavé son cerveau à grande eau. Il se souvint que dans ce pays au soleil tapant le seul nom respecté par les fatali dëmb, natali taay, promoteurs, politiques et même par les artistes  et qu’on pouvait prendre sans risquer un incendie de sa maison, des insultes à chaque coin de rue,  ... est le vieux qui disait l’homme de Taïf, le gardien de la constitution, ça dëgdëg: HajMansoor. Content de sa trouvaille, il appela vite fait télévisions et radios pour recueillir quelques prières. On lui promit même un soutien hystérique.
 
Troisièmement, Yambar se chercha des parrains. Il ne voulait plus être le xaraankat, qui se pointe chez les autres à l’heure du manger, avec la ferme intention de partager un repas auquel il n’est pas convié. Il voulait cacher son appétit reconnu d’utilité publique, son investissement en faveur de l’environnement et de la salubrité en avalant tous les restes de repas du quartier. Les mauvaises langues lui suggéraient comme surnom njereer le criquet pèlerin, capable de manger trois fois son poids. Ses parents avaient abdiqué depuis longtemps, le laissant s’en remettre à son amitié avec la bonne du voisin, à sa gentillesse avec la commerçante, …, bref à sa sympathie envers toute personne pouvant offrir une pomme ou une omelette. Il trouva ainsi d’autres papas et mamans pour jouer au guichet automatique de banque et aux restaus du cœur. En contrepartie, il servait quelques courbettes, priait et surtout dès qu’un micro passerait sous le nez, exprimerait toute sa reconnaissance. Il trouva même un parrain promoteur qui lui promit un combat contre un lutteur sans technique. Ah là, il avait du bol, mais demanda néanmoins que l'adversaire soit dans la quarantaine, fasse moins de 60kg et ne boxe pas mieux qu'un bébé. Un éclat de rire scella le pacte.
 
Il se mit à préparer son combat, mettant en avant une nouvelle philosophie jamais expérimentée à ndumbelaan. Une autre révolution était en marche, qui amènerait les cachets à un milliard, grâce à lui. Il appela Byblos pour lui accorder une interview, à lire la semaine prochaine.
 
 






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