La saga Tyson (4) : les premiers succès


Rédigé le Dimanche 23 Juin 2013 à 18:40 commentaire(s)


Quatrième épisode de la saga Mohamed Ndao Tyson


La saga Tyson (4) : les premiers succès

Bul faale tenait également à satisfaire le public. Tyson descendait du véhicule, drapée dans la bannière étoilée, ce drapeau du pays de son idole, du pays qui faisait rêver toute la jeunesse sénégalaise. Il respectait la tradition du lutteur, récitant les incantations, enfouissant des objets aux vertus supposées magiques, portant des amulettes et des gris-gris. Il respectait aussi la croyance de la majorité en invoquant, fait nouveau, son appartenance à la confrérie tijaan et à la famille du Cheikh al Islam Ibrahima Niass de Kaolack, dont la photo l’accompagnait. La référence ethnique n’avait plus de sens, Tyson s’identifiait à l’islam la religion majoritaire (+94%).

Qui connaît la lutte sénégalaise sait que le moment le plus important pour le lutteur est celui de sa communion avec le public. Le griot est un facteur de motivation, un coach mental. Par son art il coordonne la communion. Chaque note doit aller dans le sens du champion, le pousser à se libérer de la pression voire de l’emprise de la magie adverse, le galvaniser. Combien de lutteurs ne se sont pas remis de la maladresse de leur griot ? L’amateur de lutte sait décrypter ce moment, il sait à partir de la prestation de son lutteur, s’il doit s’inquiéter ou se réjouir. Tyson avait la communion facile et respectait son public. Après le rituel mystique, il se redressait. Deux files de lutteurs l’encadraient et, sous l’animation de Bada Seck ressuscitant un vieil air de njuup , le bul faale exécutait aune chorégraphie maîtrisée de bout en bout. Imperturbable, drapée de la bannière étoilée du pays de son idole, Mohamed Ndao réconciliait le sénégalais avec son histoire : celle d’un peuple dont le tam-tam est l’élément fédérateur et la danse le patrimoine commun. Uns histoire partagée du nord au sud et de l’est à l’ouest. Ses fans exultaient, les fans de son adversaires appréciaient.

Daouda Dop, Cheikh Mbaba, Alioune Sèye tous de redoutables techniciens y passèrent. Pressé, Mohamed Ndao s’attaque aux super lourds de l’arène. Mohamed Ali fut le premier à relever le défi. L’autre lutteur au surnom de boxeur américain, était un puncheur redoutable et un combattant expérimenté. Tyson était en risque, mais comme il l’avouera plus tard, la stratégie fut simple : “je me suis mieux entraîné que lui, donc je savais qu’à un moment donné, il serait fatigué des balancements de bras et sa main se lèverait plus lentement. J’ai donc attendu ce moment et je lui ai donné un coup qui a fait mouche”. La chute fut dure. Outre la défaite, le CNG décida de mettre Mohamed Ali jugé trop vieux à la retraite. La saga continuera bientôt.














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