Lutte sénégalaise : peut-on laisser le mystique ?


Rédigé le Dimanche 30 Juin 2013 à 17:22 commentaire(s)


Le report du combat Modou Lô-Eumeu Sène a relancé le débat sur le mystique. Si on le considère comme normal et indissociable de la lutte, est-ce à tort, à raison ...


Lutte sénégalaise : peut-on laisser le mystique ?

Le mystique est l'amalgame le plus aberrant de la lutte sénégalaise. Ce jeu entre bergers n’était pratiqué que dans les pâturages et son arrivée dans les concessions s’est faite progressivement. La lutte a été pendant longtemps un divertissement et c’est son accaparement par le politique qui a fait naître la compétition. Le mbapat qui en est le socle, se nourrissait de combats instantanés et l’anecdote de Yékini sur son premier combat en est une belle illustration : « j’étais parti dans le village d’origine de mon père où il y avait un tournoi. Un lutteur avait terrassé tous mes amis, alors j’ai décidé de le combattre et je l’ai vaincu. On m’a dit que je pouvais devenir lutteur, mais je n’y avais pas songé auparavant ». L’essence était là, dans l’honneur : celui de vaincre ou d’être comptabilisé parmi les vaincus, mais en étant solidaire de son entité.


Le mystique servait donc à se protéger et ne consistait pas à attaquer des adversaires, c'est du reste ce que la plupart des lutteurs revendiquent : une protection contre le mauvais œil, une fonction d’assurance. Est-il difficile de lui trouver une alternative ? Les compagnies d'assurance n'existent-elles plus au Sénégal ? Si aujourd’hui son indissociabilité avec la lutte est toujours invoquée, elle n’a pas plus de légitimité que sa présence dans les autres sports qui, non plus, n’ont pas été épargnés. N'oublions pas que les xons manifestes sont interdits en navétanes depuis plus de 15 ans.

A ce jour, la lutte est triplement otage : des griots, qui en ont profité pour réexister, de la société, qui y nourrit divers fantasmes y compris historiques et s’en sert pour trouver de bons voyants ou féticheurs, des promoteurs et sponsors qui font des affaires. Si le but est de valoriser un patrimoine culturel, alors pourquoi ni le kankurang, ni le xooy ou le ndëp ne bénéficient de cet argent ? Ces preneurs d'otages ont-ils tort ? Certainement pas car ce n’est pas leur rôle d’organiser la lutte. Les fautifs sont donc naturellement le CNG et son ministère de tutelle. Si l’équipe olympique vit sans le mystique, si Balla Bèye 1 a fait une belle carrière, si nos participants au TOLAC ne viennent pas avec calebasses et canaris, … N’est-ce pas la preuve que le mystique peut rester chez le lutteur ?





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