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MOR FADAM, LE COLOSSE DE FADAM


Rédigé le Mardi 25 Juin 2019 à 16:38 | Lu 159 commentaire(s)



MOR FADAM, LE COLOSSE DE FADAM

LE CHAMPION COMPLET 
 

Mardi 18 juin 2019, la grande faucheuse a frappé fort en emportant l'ancienne gloire de la lutte, Mor Wade connu sous le sobriquet de Mor Fadam, Sunu Lamb revient sur cet article paru dans ces mêmes colonnes (samedi 2 janvier 2016) et qui retraçait son parcours. 

Natif de Fadam, Mor Wade de son vrai nom a marqué la lutte sénégalaise. Mor Fadam, comme il se fait appeler, avait parlé de ses débuts dans l'arène. Une occasion qui avait permis à l'ancienne gloire d'évoquer ses combats marquants, ses déceptions et ses regrets. Il avait également parlé de sa carrière internationale. 

 

PARCOURS 

«J'ai commencé la lutte à l'âge de 7 ans»  

«J'ai décidé de faire de la lutte parce que c'est une passion pour moi. J'ai  grandi avec  des grands frères qui pratiquaient la lutte. Au village, en période d'hivernage, on organisait des mbappat entre villages et j'accompagnais mes frères. On assurait les premières parties en attendant l'arrivée des grands. J'ai appris les bases de la lutte. Au début, on luttait les bras noués. C'est difficile mais, au fur et à mesure, on arrive à maîtriser les techniques. L'étape d'après, c'était avec une main, et ainsi de suite. C'est à l'âge de 7 ans que j'ai commencé la lutte. J'étais au village où je m'adonnais à l'agriculture jusqu'en 1975. Mon père nous a quittés très tôt, mais avant de partir, il était surpris par mes qualités de lutteur. Il ne pensait pas que j'étais aussi brillant en lutte». 

 

PREMIER COMBAT EN LUTTE AVEC FRAPPE  

«Mon combat contre Sa Louga» 

«C'est en 1974 que j'ai pratiqué la lutte avec frappe pour la première fois, et c'était à Dakar. J'étais chez Fatou Barra, une cousine qui habitait Pikine. Avec Modou Fall Sénéba, j'ai rejoint l'arène sénégalaise. C'était un combat joni-joni car cela se faisait à l'époque. J'ai alors croisé Sa Louga et je l'ai battu. Et pourtant, je n'avais jamais pratiqué cette forme de lutte, j'ai simplement appliqué ce que j'ai appris des aînés. Et le soir même, j'ai eu une autre proposition de combat. Le cachet était de 4.000 ou 5.000 FCFA, j'ai alors reçu une avance et je suis retourné au village pour me préparer. J'ai gagné ce combat-là. Après avoir disputé un troisième, je suis retourné à Fadam et on organisait des combats à Thiamène, Coki où j'ai croisé Sa Ndiakhat en 1975. Je l'ai battu lors de la première rencontre, j'ai perdu la seconde confrontation car je l'avais sous-estimé. À mon retour, on nous a payé 15.000 FCFA et j'ai gagné à nouveau. Je suis revenu à Dakar en 1976, cette fois c'est Matar Diouf qui m'a demandé de venir chez lui pour me soutenir. Et depuis lors, je ne suis plus retourné». 

 

CARRIÈRE INTERNATIONALE 

«Champion d'Afrique, vice-champion aux Jeux africains en 1991 en Egypte» 

«Pour ma carrière internationale, j'ai représenté le Sénégal à plusieurs reprises. J'ai pratiqué la lutte olympique, j'ai été champion   d'Afrique, vice-champion aux Jeux Africains en 1991 en Egypte. Je suis un champion complet. J'ai fait de la boxe, j'ai même été vice-champion du Sénégal en boxe. En judo, j'ai fait beaucoup d'exploits. Mon équipe gagnait toutes les compétitions. Je n'ai perdu qu'une seule fois. Je n'étais pas en forme ce jour-là et on m'avait contraint à compétir. J'ai beaucoup fait dans le judo plus que dans la lutte et la boxe. J'étais à Momar Dieng avec feu Maître Dabo. Notre salle était à côté de Rebeuss. C'est en 1986 que j'ai quitté pour rejoindre la salle de KSC. Il y avait de la musculation et du judo». 

 

COMBATS CHOCS  

«Mes combats contre Double Less, Tapha Guèye, Mame Ndieumbane» 

«Ce qui m'a le plus marqué dans ma carrière en lutte avec frappe, ce sont les combats que j'ai disputés contre Double Less, Manga 2, Toubabou Dior, Moustapha Guèye et Mame Ndieumbane. Chacun de ces combats fut un événement dans ma carrière. Lorsque je croisais Mame Ndieumbane, beaucoup de gens n'osaient pas le faire car il était au top. Pour ce duel, tout le monde avait misé sur lui. C'était le 1er janvier 1984. À l'origine, le combat était prévu le 25 décembre 1983 avant d'être reporté suite au décès de Jean Colin». 

 

DÉCEPTION  

«Mon combat contre Tyson»  

«Ma déception, c'est mon combat contre Tyson. On ne peut pas tout expliquer dans la vie, mais cela ne m'était jamais arrivé. Il y avait une première rencontre en Gambie et il y avait eu une polémique. Je me suis rendu compte que j'étais atteint. Avec tout ce que mon adversaire a fait, je n'ai pas bougé le petit doigt. Et c'est comme ça que j'ai reçu le coup qui m'a mis KO. Mais, cela fait partie des réalités de la lutte». 

 

REGRETS  

«Je n'ai aucun regret» 

«Je n'ai aucun regret dans la lutte. C'est d'ailleurs grâce à elle que je suis bien connu. J'ai beaucoup gagné à travers ce sport que j'ai tant aimé. La lutte m'a ouvert beaucoup de portes. Il y en a même qui m'ont connu après ma carrière, à travers mes prouesses. Néanmoins, ils me vouent un grand respect. Aujourd'hui, bien qu'ayant raccroché depuis longtemps, je continue à bénéficier de certaines faveurs. Les gens m'aiment et m'apprécient énormément».  

 

  Sunu Lamb n° 4024 du 21 juin 2019                                                                       Par Aïssatou FAYE NIANG (en 2016)                                                                                                                                              
 











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