PR RAYMOND DIOUF SUR LES CONSÉQUENCES DU DOPAGE « Bientôt des morts subites dans l’arène »


Rédigé le Vendredi 28 Décembre 2012 à 03:19 commentaire(s)


Professeur agrégé en médecine et membre de la commission médicale du CNG, Raymond Diouf est aussi 2ème vice-président chargé de la lutte traditionnelle sans frappe. Accroché dans son fief de Boyard lors du tournoi annuel de lutte sans frappe, l’ancien lutteur revient sur l’actualité de la lutte simple, mais aussi, alerte les lutteurs en prédisant des morts subites dans l’arène s’ils n’arrêtent pas le dopage.


PR RAYMOND DIOUF SUR LES CONSÉQUENCES DU DOPAGE  « Bientôt des morts subites dans l’arène »

« J’ai vu des lutteurs qui sont gonflés comme des ballons de baudruche »

Les gens comprennent mal beaucoup de choses et  ils interprètent très vite. Pour les tests antidopage, c’est peut-être très facile, mais c’est le fait de faire des analyses dans des laboratoires agréés qui peut constituer la première difficulté. La deuxième chose, c’est que le Sénégal a signé des conventions incluant la lutte antidopage. On peut faire des prélèvements avant compétition. C’est un processus et ça dure des mois. Dans quelques années, peut-être même cette année, si on ne fait pas attention, on aura des morts subites dans l’arène. J’ai aperçu des choses à la télé et j’ai peur. J’ai vu des lutteurs qui sont gonflés comme des ballons de baudruche qui, même lors des interviews, commencent à s’étouffer. Les tests viendront, que les gens le veuillent ou non. À l’université de Dakar, on peut faire des analyses, mais on n’est pas agréé. On est donc obligé de les envoyer. C’est facile de se battre pour avoir un centre.

« On a fait des tests antidopage ici à Dakar lors des championnats d’Afrique de  lutte olympique »

Les moyens, ça se cherche. On ne peut pas payer des millions aux lutteurs et puis dire qu’on n’a pas les moyens. Il faut trouver une formule. On a fait des tests antidopage ici à Dakar lors des championnats d’Afrique de lutte olympique. Tous les premiers ont été testés. On a une dette là-bas de plus de 5 millions. On l’a fait avec nos propres moyens.

« Les tests sur le sida, c’est toujours dans le circuit »

Les tests sur le sida, c’est toujours dans le circuit. Tous les médecins sont libres de demander un test. Maintenant, le rendre obligatoire, c’est un autre débat. Mais il faudra qu’on y arrive parce que c’est pour le bien des lutteurs. Il serait même bon qu’ils prennent eux-mêmes l’initiative de faire les tests.

« Quelques années après un KO, on peut présenter des signes de folie »

En tant qu’ancien lutteur, je dis que les KO sont dus au fait que les lutteurs ne savent pas lutter. L’objectif d’un lutteur, ce n’est pas de détruire son adversaire. Même en boxe, on se tape mais pas pour détruire quelqu’un.  Quand on s’amène avec l’objectif de détruire, c’est qu’on a un manque d’arguments techniques. Un lutteur qui a de la technique ne doit pas donner trois coups sans tout de suite enchaîner par une action. Le KO doit être un hasard. J’ai l’impression que les Sénégalais sont devenus sanguinaires. En tant que médecin, maintenant, un KO n’est jamais bon pour une personne. Sur le plan physiopathologique, le cerveau a bougé dans la tête, or le crâne est inextensible. C’est comme si vous mettiez quelque chose dans un endroit qu’on ne peut étirer et qui cogne sur les parois. Étant donné que ça ne peut pas sortir, il y aura de petits saignements qui vont s’accumuler et qui peuvent faire des dégâts ultérieurement. Vous pouvez voir quelqu’un victime d’un KO, et qui, quelques années plus tard, commence à présenter des signes de folie. C’est des traumatismes. Après un KO, on doit normalement rester trois mois sans combattre. Il faut un examen neurologique obligatoire, suite à un KO, il faut une visite médicale avant de pouvoir se lancer de nouveau dans un combat.

Par Abou NDOUR

envoyé spécial à Boyard

Source: Sunu Lamb n°2088 du 27 décembre 2012







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