Saga Tyson (6) : Tapha Guèye ou la reconnaissance


Rédigé le Dimanche 7 Juillet 2013 à 12:16 commentaire(s)


La fondation Solidarité Partage, de Mme Elisabeth Diouf, décida d’organiser son combat contre Moustapha Guèye, le 2e tigre de Fass.


Saga Tyson (6) : Tapha Guèye ou la reconnaissance

Outre le fait d’être le chouchou de la capitale, Tapha était le lutteur qui avait mis fin à l’hégémonie de l’écurie sereer (Doctor Faay, Aliu Juuf Yerwaago, ...), mais pas seulement car malgré son handicap de poids, il avait vaincu des super-lourds. Plus que ces victoires, c’est le style et l'arrogance du champion qui en faisaient une star, son fameux « j’attaque, je cogne et je gagne » avait séduit, surtout lorsqu’il le mettait en pratique comme dans ses combats épiques contre Mohamet Aali, Maam Jamaan, Ibu Ndapa, Bala Gay 1, Bala Beey 1. En 1997, Tapha était au sommet de son art et et il ne lui manquait que le titre de roi des arènes détenu par le redoutable Manga 2. Ce combat, Tyson en dira plus tard qu’il avait, à ses yeux deux significations : (1) lambi buur (un combat de la royauté (le promoteur étant la fondation de l’épouse du chef de l’Etat) qui renvoie aux pratiques anciennes mais constitue également une grande opportunité en termes de visibilité et (2) prouver irréfutablement son talent devant celui qui était décrit comme le plus technique des lutteurs pendant qu’il était au sommet de son art. En effet, ses victoires ne suffisaient pas à faire taire les critiques. Mor Fadam contestait encore sa défaite en Gambie tandis que certains observateurs l’accusait simplement de ne pas savoir lutter et d’être impopulaire, Mbaye Guèye de Fass constituant, avec Boy Bambara, le tandem le plus critique envers Tyson.

Le combat avait lieu à Demba Diop, fait rare à l’époque, et  mobilisait tout ce que le pays comptait de personnalités, en conséquence tout avait été fait pour qu’il soit un grand événement. Les grandes figures de la chanson telles Xaar Mbay Majaaga, Majooho Niing, Daaro Mbay, le président des communicateurs traditionnels Mansour Mbaye, les ministres du gouvernement, le directeur de la télévision nationale, etc. étaient tous impliqués. Et ce fut un grand combat Moustapha Guèye réussit à attraper la jambe de son adversaire et tenta de le déséquilibrer par une semi rotation en le bloquant préalablement avec sa jambe droite. Ayant échoué à le faire tomber sur le dos, il enchaîna le même mouvement en utilisant cette fois sa jambe droite pour le basculer vers l’avant. Echec encore, il utilisa sa jambe comme une chaise pour le déséquilibrer par derrière, ce qui échoua encore Tyson ayant subtilement utilisé sa main droite comme un troisième pied. Dans l’enchaînement Tapha s’était collé au pikinois qui glissa sa main gauche sous son épaule, le tira à lui et exécuta un hanché magnifique et fatal. Mohamed Ndao avait déjoué trois prises avant de vaincre et sa victoire fut saluée comme un réel exploit technique, Mbaye Guèye s’autorisant même un mea culpa en expliquant qu’un lutteur qui avait réussi des placages, des KO et un mbot ne pouvait être un ngaka (nul).


Au-delà de sa victoire, Tyson avait eu une information qui révolutionnera davantage la lutte : la fondation avait réalisé un bénéfice de 145 millions (220 000 euros environ), malgré les 15 millions (22 500 euros) qu’il avait perçus. Il en tira la conviction que son ambition d’atteindre un cachet de 100 millions (150 000 euros) était parfaitement réaliste et décida que, de toute façon, il ne lutterait plus en deçà de 15 millions.













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